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Alex, le Français du Rap Kamer a mangé le tobassi

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Alex, le Français du Rap Kamer a mangé le tobassi

Chaque fois que j’ai eu à l’écouter j’ai d’abord ris puis j’ai compris. Alex Du Kamer ou Alex pour les intimes vient de faire fort. Il est à l’hopital psychiatrique, entouré de médecins et c’est grâve à tel point qu’il veut s’enfuir… La raison? il a mangé le Tobassi.

Le clip dure 3:32 … Et comme le dit Alex c’est un clip de malade. Il est réalisé par Boté Malongué. Le son quant à lui est produit par Djess Panebo, accompagné à la guitare par Simplice Kengne et tiré de l’album Muna Mboa dont 2 extraits sont déjà disponible.

Muna Mboa Qu’est Ce Que C’est?

Muna Mboa signifie « l’enfant du pays » en langue douala. L’album Muna Mboa est d’abord un cri d’amour pour le Cameroun. On y retrouve donc logiquement des chansons sur la nostalgie du pays (Matinée au cyber / Expressions du terre-terre / Le dernier kongossa / Mama, le goût de ça – « Na mongele oa ») et sur les identités mélangées (Je suis d’ici, de là-bas, de Paris, Douala / J’mange le ndolè, le soya, le fromage et le foie gras – « Franco-camerounais »).

Mais au-delà de ces aspects personnels, l’album aborde, avec l’humour habituel d’Alex, de nombreuses réalités camerounaises : – les préjugés tribalistes et racistes (Les Noirs, les Blancs, c’est du passé / Le noir et blanc, c’est dépassé / Les Bassa dérangent / Ne me parle pas des Beti – « La race super-rieurs »), – le montant exorbitant de la dot (Tu te sers la ceinture jusqu’à on voit tes os / Tout ça c’est fort sur toi tu comptes tes kolos / Et maintenant pour l’appartement on fait comment – « Les filles chères »), – l’art de la drague (C’est l’histoire d’une rencontre au sommet / Avec une fille canon de Yaoundé / Bien loin des panthères de Bangangté / Notre union à Douala ça s’est passé – « Mon joueur »), ainsi que – toutes ces choses surprenantes qui ne surprennent plus les Camerounais (On construit des immeubles mais on s’arrête au premier niveau / Pour réduire les factures c’est mon bailleur qui me coupe l’eau – « Je wanda »)…
Par ailleurs, on découvre à travers Muna Mboa un Alex engagé, qui n’hésite pas à traiter de thèmes moins légers lorsqu’il évoque : – l’espérance de jours meilleurs (En 2035 il n’y aura plus de corruption / Plus de guerre avec les moustiques ce sera la cohabitation / « Le pays est sucré » c’est ça même que je reviendrai chanter – « 2035 »), – la galère du quotidien (Quand je dis « johnny » auday c’est moi qui waka / Si tu vois mes dos dis-leur c’est how – « Si tu vois mes dos », inspiré du mythique « Si tu vois ma go » de Koppo) ou encore – l’émigration faute de mieux (Je suis parti au petit jour / Fais le pari de voir le jour / Se relever ailleurs / Sur une vie meilleure – « Je suis parti (ma ke) »).

Dans cet album, Alex du Kamer veut réellement s’adresser aux Camerounais. Pas seulement faire la chanson qui va buzzer autour de tel terme à la mode ou tel sujet de l’heure, mais réellement leur parler. C’est cette profondeur que l’on retrouve dans les textes et qui établit Alex comme un véritable lyriciste.

Les Premiers Extraits

En plus de « Tobassi », 2 autres extraits de l’album Muna Mboa d’Alex Du Kmer sont disponibles sur Youtube. Il s’agit de :

1 – 2035

Dans ce titre, Alex du Kamer fait part de ses espérances pour le Cameroun de l’Emergence, le Cameroun de 2035. Sur un beat minimaliste, il alterne entre séquences d’humour et sujets plus sérieux (En 2035 on roulera en sécurité/ Dans la rue on marchera même dans l’obscurité / Les grandes ambitions seront devenues réalité / Et on aura appris le mot ponctualité). La mise en scène du clip, plus solennelle que ce à quoi il nous a habitués, nous rappelle qu’au-delà du slogan, l’Emergence cristallise aussi les espoirs de millions de Camerounais. Et que 2035 n’est pas un horizon que pour nos gouvernements, chacun d’entre nous peut l’inscrire à son agenda,les citoyens aussi ont la responsabilité et le pouvoir de bouger les lignes (En 2035 on aura des sentiments / Le gombo le piment seront redevenus des aliments /On dénoncera le calvaire de victimes de pervers /Plutôt que d’en rire comme de simples faits divers).
D’ailleurs, à la fin de la chanson l’artiste quitte l’estrade,qui demeure vide comme en attente du prochain
citoyen prêt à partager avec nous ses objectifs pour 2035…

2- Na Mongele Oa

« Na mongele oa » signifie « je pense à toi » en langue douala. Ce titre évoque le parfum sucré des choses du pays que l’on n’aplus quand on s’en va, et qui nous manquent. Il y a dans cette chanson les mots, les odeurs, les bruits du pays. A certains ce titre rappellera l’enfance, à d’autres les vacances… Mais dans tous les cas, il nous transporte dans ce que le Cameroun a de plus attachant, de plus doux, de plus douloureux aussi : les bons souvenirs Omelette spaghetti / Lampe-tempête pour la nuit /Coca, Coca-cola/Willy,Willy le fou /Une pâte d’arachide / Et un Top grenadine /Canne à sucre en sachets / Les oranges à sucer…